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Pierre-Gilles Girault
Attaché de conservation, Château et musées de Blois
Cartonniers de tapisseries à Bruges et Paris vers 1500 : Jan Fabiaen
et Gauthier de Campes
La version imprimée de cet article, actuellement en préparation, prendra en comte les
éventuelles réactions suscitées par sa mise en ligne.
Dans un compte rendu récent, mis en ligne sur ce même site Internet, de plusieurs publications
ou expositions consacrées à la tapisserie des XVe et XVIe siècles en France, M. Guy Delmarcel
a émis de nouvelles hypothèses sur les relations entre la Flandre et Paris [link]. Il suggère ainsi
qu’auraient pu être tissées à Bruges plusieurs tentures de chœur destinées au marché français,
notamment au Val de Loire et à Paris, comme ce fut le cas pour l’exemple attesté de
Saint-Anatoile de Salins-les-Bains, dans le Jura.(1)
Il se demande en outre si le peintre Gauthier de Campes, dont l’activité de cartonnier à
Paris durant le premier tiers du XVIe siècle a été mise en évidence par les travaux de
Guy-Michel Leproux et Audrey Nassieu-Maupas, ne serait pas l’un des principaux acteurs de ces
échanges entre Paris et Bruges. Il lui attribue d’ailleurs une origine flamande, observant
que «son nom se traduit facilement en Wouter van Camp»...
Il me semble que l’hypothèse de l’éminent historien de la tapisserie flamande se trouve à la
fois vérifiée et complétée d’une part à l’aide de documents d’archives que j’ai déjà
signalés(2) et d’autre part grâce aux propositions que j’ai avancées lors de
colloques tenus en juin 2005, qui ne portaient pas sur la tapisserie mais sur la peinture
française et flamande autour de 1500, et qui, pour cette raison, me semblent pouvoir être
reprises et développées ici dans une perspective nouvelle.(3)
Gauthier de Campes à Bruges
En premier lieu, non seulement Gauthier de Campes est bien d’origine flamande, comme l’a
pressenti M. Delmarcel, mais encore plus précisément d’origine brugeoise. En effet, le registre
d’admission de la guilde Saint-Luc des peintres et selliers de Bruges mentionne à deux reprises
un certain Wouter van Campen dans lequel il n’est pas difficile de reconnaître notre
Gauthier.(4)
Le 22 septembre 1480, « Wouterkin van Campen, fils de Wouter » est engagé comme apprenti par
le maître Jan Fabiaen ; dix ans plus tard, le 28 mai 1490, il devient franc-maître à son
tour.(5) L’absence de mention ultérieure de Wouter van Campen à Bruges,
particulièrement dans l’obituaire de la guilde, confirme qu’il a quitté la ville et qu’il ne
fait donc qu’un avec le Gauthier de Campes parisien.
Concernant la formation du peintre, le registre de la guilde indique que Wouter van Campen a
accompli son apprentissage auprès de Jan Fabiaen. Celui-ci est un peintre bien connu par les
documents. Maître originaire de Béthune, inscrit à Bruges en 1469, il est à plusieurs reprises
« gouverneur » et en 1489 doyen de la guilde Saint-Luc ; il reste actif jusque vers
1520.(6) On ne connaît malheureusement pas d’œuvre documentée ou signée de Jan
Fabiaen mais celui-ci apparaît à plusieurs reprises comme cartonnier de tapisserie. L’un des
sept apprentis qu’on lui connaît, Pierkin Fiéret, s’établit d’ailleurs à Tournai comme
cartonnier.
Il y a cinquante ans, Jacqueline Versyp a déjà rapproché ce trait de la production de l’un des
petits maîtres brugeois anonymes de la fin du XVe siècle, le Maître de la légende de sainte
Lucie. Elle a été justement frappée par la ressemblance du retable éponyme de ce maître, daté de
1480 (Bruges, église Saint-Jacques), avec l’art de la tapisserie ; cette hypothèse a été bien
accueillie par M. Delmarcel et les spécialistes de la tapisserie flamande.(7)
Curieusement, les historiens de la peinture semblent avoir ignoré cette suggestion, alors que
Nicole Veronée-Verhaegen note par exemple au sujet du maître anonyme la présence inexpliquée de
motifs de tapisserie dans ses peintures (par exemple les coussins en tapisserie de verdure du
triptyque de Talinn, en Estonie) et l’écho de ses figures longilignes qui se voient à Paris dans
la tenture de la Dame à la licorne.(8)
Gauthier de Campes et le Maître de la légende de sainte Lucie
Si Jan Fabiaen est bien le Maître de la légende de sainte Lucie, on devrait alors rencontrer
quelque influence de son art dans les premières œuvres parisiennes de Gauthier de Campes.
En tant que cartonnier, sa plus ancienne commande connue est celle d’une tenture de chœur de
l’histoire de saint Etienne, réalisée pour la cathédrale de Sens entre 1503 et 1506.
(9) Elle a aujourd’hui disparu, mais M. Leproux a montré, par une analyse fine
du marché conclu entre le chapitre et le tapissier Guillaume Rasse, que la tenture de Sens
reposait en partie sur les mêmes cartons que la célèbre tenture de la cathédrale d’Auxerre,
aujourd’hui exposée à Paris, au Musée national du Moyen Age (ancien hôtel de Cluny), dont les
cartons seraient donc également dus à Gauthier.(10)
Il me semble que certaines pièces de la tenture d’Auxerre trahissent bien une conception
identique au retable de la légende de sainte Lucie.(11) La première, justement
l’une de celles dont le carton serait un remploi, présente des similitudes frappantes : même
composition horizontale, mettant en scène des personnages raides et longilignes, même
construction symétrique alternant scènes extérieures et intérieures, séparées entre elles par
des colonnes de marbre ou de porphyre baguées à mi-hauteur ou supportant des armoiries, mêmes
scènes latérales bordées au premier plan par une étroite frise végétale…
Par ailleurs, si la tenture de chœur de Sens a disparu, il subsiste encore dans le trésor de la
cathédrale une pièce qui a depuis longtemps été mise en rapport avec la commande. Il s’agit d’un
parement d’autel montrant une Vierge de pitié entre les saints Michel et Etienne.(12)
Elle comporte de part et d’autre une bordure emblématique tissée aux chiffres, devise et
armoiries de Jean de Bray, chanoine et doyen du chapitre de Sens de 1492 à 1504.(13)
C’est ce même Jean de Bray qui a payé une partie de la tenture du chœur et les deux tiers du
prix des cartons à Gauthier de Campes (cent livres sur les cent-trente payées). On peut donc
supposer qu’il a fait appel au même peintre et au même tapissier pour dessiner et tisser un
parement d’autel destiné à compléter les tentures suspendues dans le chœur.(14)
Et en effet, le parement montre un dessin très proche de la tenture d’Auxerre (voir notamment
les différentes figures du diacre Etienne).
A nouveau, la composition du parement renvoie au Maître de sainte Lucie. En effet, la
disposition des figures alignées devant un drap d’honneur de brocart tenu par des anges est un
motif courant dans l’œuvre du maître brugeois, qui l’emploie dans la Virgo inter virgines du
musée d’art ancien de Bruxelles, mais aussi pour le groupe de la Trinité trônant dans une nuée
peint au sommet de la Vierge au croissant conservé à la National gallery of Art de
Washington.(15)
Par ailleurs, le trio réuni autour du corps du Christ rappelle les Déplorations de Memling,
dans le triptyque d’Adriaan Reins au musée Memling de Bruges et plus encore celle
malheureusement mutilée au musée Boymans van Beuningen de Rotterdam. Enfin, la figure du saint
Jean inverse celle du triptyque de la Lamentation dû au Maître de sainte Lucie conservé à
Madrid (coll. Thyssen-Bornemisza).
La tenture de Saint-Anatoile de Salins
M. Delmarcel fonde plusieurs de ses comparaisons sur la tenture de Saint-Anatoile de Salins,
tissée à Bruges de 1503 à 1506, dont le musée du Louvre conserve trois pièces. Les comptes
publiés de cette commande attestent que les cartons à grandeur ont été exécutés à Bruges.
(16)
Dans une précédente publication, M. Delmarcel a justement suggéré de rapprocher les tapisseries
du Louvre du Maître de la légende de sainte Lucie, identifiable au peintre brugeois Jan Fabiaen.
(17) Ce qui précède va dans ce sens : les analogies entre les pièces
franc-comtoises et les tentures parisiennes s’expliqueraient ainsi par le fait que les premières
ont été dessinées par le maître brugeois du cartonnier parisien…
Faut-il aller au-delà ? Ce n’est pas certain, aussi n’est-ce qu’à titre d’hypothèse que je
suggérerai un dernier rapprochement entre les deux ensembles. En effet, si Gauthier de Campes
apparaît comme le cartonnier le plus actif à paris au début du XVIe siècle, M. Leproux a
également proposé de l’identifier au peintre de panneaux connu sous le nom de Maître de saint
Gilles.(18)
Ce rapprochement, qui peut d’abord faire hésiter à cause des disparités de style dues au
changement de technique et à l’intervention de nombreux collaborateurs et intermédiaires dans
la tapisserie, me paraît finalement étayé à la fois par des analogie fortes entre l’œuvre de
cartonnier de Gauthier et l’œuvre peint du Maître de saint Gilles, et par les échos précis de
l’art du Maître de la légende de sainte Lucie qui se voient chez le Maître de saint Gilles,
ainsi que je l’ai exposé respectivement à Francfort et à Lille.
A ce titre, il est intéressant d’observer les liens qui unissent le Maître de saint Gilles à la
Bourgogne et à la Franche-Comté : une Sainte Anne trinitaire de sa main se trouvait autrefois,
peut-être depuis 1504, dans l’église de Joigny (Yonne).(19) D’autres œuvres du
peintre présentent des caractères qui évoquent cette province, comme le fond bleu verdâtre d’un
portrait d’homme anonyme à Boston, il est vrai probablement oeuvre d’atelier, et surtout le vert
franc formant le fond de la Vierge Lehman (New York, Metropolitan Museum.(20)
Sterling a précisément observé que l’agencement des plis du voile de cette dernière n’a pu être
conçu sans le modèle de la sculpture bourguignonne, dont Henri Bouchot, il y a un siècle,
rapprochait déjà la ferme rondeur de la Vierge de Joigny. Mais c’est surtout l’ancienne
provenance doloise de deux petites Vierges à l’Enfant du Maître de saint Gilles, aujourd’hui
partagées entres les musées de Dole et de Besançon, qui indique que le peintre entretenait des
relations privilégiées avec la Franche-Comté.(21)
Aussi, ne faudrait-il pas attribuer les maquettes en petit format de la tenture de Salins au
Maître de saint Gilles, alias Gauthier de Campes ? M. Delmarcel écrit certes : « Nous ignorons
si les chanoines remirent aux liciers des maquettes dessinées » ; mais s’il n’en est pas question
lors de la commande passée à Bruges à Catherine Hasselet,(22) le marché
précédemment conclu avec le lissier bruxellois Marc van Yelingen mentionnait la première
pièce « de telz personnaiges et ystoires, assavoir comme saint Anathoille print congié du roy
et de la reyne d’Escosses, ses père et mère, pour aller aux escoles à Constantinoble » qui
devait être réalisée « selon le pourtray que luy a estez baillé et delivré en une fueille de
pappier » …(23) Il serait bien étonnant qu’un tel « pourtrait » n’ait été prévu
que pour la première tapisserie et on peut supposer qu’il en fut fourni pour chacune des quatorze
pièces.
Gauthier de Campes était un cartonnier réputé, et du fait de son origine brugeoise, il a pu
conseiller aux chanoines de Salins de s’adresser à l’atelier de son ancien maître Jan Fabiaen
pour réaliser les cartons au format, se bornant quant à lui à dessiner les maquettes.
L’hypothèse est d’autant plus séduisante que le peintre parisien était connu pour concevoir des
programmes iconographiques originaux sur la vie des saints, tant pour les tentures de chœur
qu’en peinture, comme en témoignent les panneaux, provenant d’un triptyque parisien, aujourd’hui
dispersés entre Londres et Washington.(24) Ces derniers révèlent enfin une
aptitude à la représentation fidèle de villes ou de monuments identifiables qui caractérisent
justement la vue de la ville assiégée dans la pièce de la Levée du siège de Dole.(25)
Reconnaissons néanmoins que l’hypothèse est fragile et qu’il serait bien téméraire de vouloir
distinguer dans les tapisseries ce qui relève de l’ancien apprenti devenu parisien, du maître
cartonnier brugeois et du lissier.
Conclusion
Les documents identifiant le cartonnier parisien Gauthier de Campes au Brugeois Wouter van
Campen et la probable identification de son maître d’apprentissage Jan Fabiaen avec le Maître
de la légende de sainte Lucie renouvellent la question des rapports entre Bruges et Paris dans
le domaine de la tapisserie au début du XVIe siècle.
Les parentés signalées par M. Delmarcel entre les pièces provenant de Saint-Anatoile de Salins
et les grandes tentures de chœur parisiennes dessinées par Gauthier de Campes ou à partir de
ses modèles pourraient ainsi s’expliquer de deux manières.
Soit le tissage à Bruges de tentures peut-être conçues à Paris et en tout cas destinées à la
France a pu être favorisé par les relations que Gauthier de Campes a dû conserver en Flandre
après son établissement à Paris;
Soit ces analogies résultent du remploi par Gauthier de Campes lui-même de modèles issus de
l’atelier de son maître, le peintre cartonnier Jan Fabiaen, alias le Maître de la légende de
sainte Lucie.
Il est à noter que, loin d’être contradictoires, ces deux voies d’échange entre les capitales
flamande et française ont pu coexister et renforcer ainsi les similitudes entre les tapisseries
produites dans les deux centres, tout en expliquant les disparités qui s’observent entre
certaines tentures.
Blois, 18 juillet-6 août 2005
(1) G. Delmarcel (2004), Compte rendu : Tapisseries de chœur, consulté le 15 juillet 2005, sur
le site : www.studiesinwesterntapestry.net
(2) P.-G. Girault, « De Bruges à Blois, Gauthier de Campes et le Maître de
saint Gilles », Les Amis du château et des musées de Blois, bulletin n° 33, déc. 2002,
p. 14-23.
(3) « Paris-Bruxelles : Gauthier de Campes et Jan van Coninxloo », colloque
Paris 1500-1535 : Pariser Künstlerwerkstätten und der französische Hof als Drehscheine des
internationalen künstlerischen Austauschs (Francfort, Städelschen Kunstinstitut, 10-12 juin 2005)
et « Trois ‘petits maîtres’ : la formation du Maître de saint Gilles, du Maître de la légende de
sainte Lucie au Maître au Feuillage brodé », colloque Le Maître au Feuillage Brodé : secrets
d’ateliers (Lille, musée des Beaux-Arts, 23-24 juin 2005).
(4) Ch. Van den Haute, La corporation des peintres de Bruges, Bruges, s.d.
[1913], p. 29, 44. A. Schouteet, De vlaamse primitieven te Brugge : Bronnen voor de
schilderkunst, Brussel, t. I, 1989, p. 93.
(5) Stadsarchief Brugge, Oud Archief, reeksnr. 314, Beeldenmakers : Jan
Fabyaen, leercnape, die men heedt Wouterkin van Campen, f. Wouters, was upghenomen, upden XXIIen
dach van September, anno LXXX, ende es ghetrauwet kyndt (Reg. A, f. 37 v°). Wouter van Campen,
de scilder, worde vry meester, upden XXVIIIn dach in Meye (anno XC) ; hy leerde zyn ambocht hier
binnen ; hy en hadde gheen kynderin ; gaf... [un blanc] (Reg. A, f. 56 v°). Transcriptions
d’après Van den Haute contrôlées sur l’original par M. Noël Geirnaert, que je remercie.
(6) Le Dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours,
Tournai, 1995, t. I, p. 428. Ch. Van den Haute, op. cit., p. 13, 15, 18-20, 25, 27, 29, 32,
40-41, 44-45, 52, 55, 62, 200. A. Schouteet, op. cit., p. 190-198.
(7) J. Versyp, Geschiedenis van de tapijtkunst te Brugge, Bruxelles,
1954 (Verhandelingen van de Kon. Acad. voor Wetenschappen, Letteren en Schone Kunsten van België,
Klasse der Schone Kunsten), p. 39. G. Delmarcel et E. Duverger, Bruges et la tapisserie,
Mouscron, Bruges, 1987, p.53-54.
(8) Dictionnaire des peintres belges…, t. II, p.687. Ann M. Roberts
a proposé depuis un rapprochement avec Jan de Hervy qui ne me semble pas convaincant
(« The Landscape as legal Document: Jan de Hervy’s ‘View of the Zwin’ », The Burlington
Magazine, t. 133, n° 1055, 1991, p. 82-86).
(9) M. Hérold, « Aux sources de l’“invention” : Gaultier de Campes, peintre
à Paris au début du XVIe siècle », Revue de l’art, n° 120, 1998-2, p. 49-57. D. Cailleaux,
La cathédrale en chantier : la construction du transept de Saint-Etienne de Sens d’après les
comptes de la fabrique, 1490-1817, Paris, 1999, p.149-151.
(10) G.-M. Leproux, La peinture à Paris sous le règne de François
Ier, Paris, 2001, p. 79-81. Repr. F. Joubert, La tapisserie médiévale au musée de Cluny,
Paris, 1987, p.36-59. L’historien de la cathédrale de Sens E. Chartraire (Le Trésor de la
cathédrale de Sens, Paris, 1925, p.6) se demandait déjà au sujet des tapisseries :
« Etaient-elles une réplique de celles d’Auxerre ? »
(11) Sur les œuvres citées du maître, voir : Primitifs flamands anonymes,
cat. exp. Bruges, 1969, p. 47-54, 205-209. M. J. Friedländer, Early Netherlandish Painting,
Leyden, t. VI, 1971, a, p. 41-43, 44, 62, 64 et b, p. 110-111, 115-116, 123-124. Les primitifs
flamands et leur temps, dir. B. de Patoul et R. Van Schoute, Tournai, La Renaissance du livre,
rééd. 2000, p.207, 505-508.
(12) Trésor de la cathédrale de Sens, Inv. TC A 3, 107 x 272 cm.
D. Cailleaux (op. cit., p.121-123 et n° 1620, p.562) rapproche cette pièce d’un article
des comptes de la fabrique pour l’année 1504-1505.
(13) D. Cailleaux, op. cit., p.101-102. E. Chartraire
(Inventaire du Trésor de l’église primatiale et métropolitaine de Sens, Paris, 1897,
n°4, p.5-6) cite l’inventaire de 1535 : « Deus paremens de tapisserie jaulne de haulte lice…
que donna feu maistre Jehan de Bray, archidiacre d’Estampes, ausquelz y a en plusieurs lieux
J. D. en ung las d’amours. »
(14) E. Chartraire (La cathédrale de Sens, Paris, 1921, p.98)
observe déjà : « On pense que ce parement complétait la série des tapisseries aujourd’hui
disparue de la Vie de saint Etienne faite, en 1505, pour décorer les stalles du chœur,
et qu’il est comme elles l’œuvre du maître tapissier Guillaume Rasse d’après les cartons de
Gautier de Campes. » A. Nassieu Maupas (« La Vie de saint Jean-Baptiste d’Angers et la production
de tapisseries à Paris dans la première moitié du XVIe siècle », Revue de l’Art, n° 145,
2004-3, p.48 et fig.7) a récemment rapproché un détail de cette pièce des tentures réalisées
d’après les cartons de Gauthier de Campes.
(15) Cf. supra, n.11 et J. Hand, M. Wolff, Early Netherlandish Painting,
The Collections of the National Gallery of Art Systematic Catalogue, Washington, 1986,
p.177-183.
(16) B. Prost, « La tapisserie de Saint-Anatoile de Salins », Gazette
des beaux-arts, 4e pér., 34e année, t. VIII, 1892, p.496-507.
(17) G. Delmarcel, La tapisserie flamande, Paris, 1999, p.180.
(18) G.-M. Leproux, op. cit., p. 39-109. Sur l’œuvre du peintre, cf. Ch. Sterling,
La peinture médiévale à Paris 1300-1500, Paris, t. II, 1990, p. 234-305.
(19) Cf. P.-G. Girault, « Les commandes picturales d’un prélat français à
l’aube de la Renaissance : l’archevêque de Sens Tristan de Salazar », Mécènes et collectionneurs.
Actes du 121e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques (Nice, oct. 1996),
vol. I, Les variantes d’une passion, dir. J.-Y. Ribault, Paris, 1999, p. 35-49.
(20) Ch. Sterling, op. cit., p. 289, 300 et 331.
(21) Ch. Sterling, op. cit., p. 240-243 et 248-249.
(22) Le marché mentionne bien « damoizelle Katherine Hasselet, tapissiere,
femme de Jehan de Wilde, alias Savaige, demourant audit Bruges » (B. Prost, art. cit., p.503),
confirmant ainsi que le nom Jean Sauvage n’est que la forme francisée de Jan de Wilde, comme le
suggère M. Delmarcel.
(23) B. Prost, art. cit., p.501-502.
(24) Sur les panneaux, cf. W. M. Hinkle, « The Iconography of the Four Panels
by the Master of Saint Giles », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, t. 28, 1965,
p. 110-144, en attendant le texte de ma communication « Un Flamand à Paris : le Maître de saint
Gilles, peintre de retables », colloque international L’Europe des retables (Le Mans, 13-16
octobre 2004), à paraître dans Art sacré. Cahiers de Rencontre avec le patrimoine
religieux.
(25) Les mêmes caractéristiques apparaissent notamment dans la tapisserie du siège de Dijon en
1513 au musée des Beaux-Arts de la ville, cf. G. Delmarcel et E. Duverger, op. cit., n° 2,
p. 170-179. Pour comparaison, voir A. S. Cavallo, Medieval Tapestries in the Metropolitan
Museum of Art, New York, 1993, n° 44, p.525-533.
Please refer to this article as: Pierre-Gilles Girault (2005), Cartonniers de tapisseries
à Bruges et Paris vers 1500 : Jan Fabiaen et Gauthier de Campes, retrieved mm/dd/yyyy, from
http://www.studiesinwesterntapestry.net
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